Je ne veux plus mettre les pieds sur Pinterest et je bloque un tas de compte sur Tumblr.
Parce que tous les jours, c’est une nouvelle déception.
Parce que tous les jours, une nouvelle campagne de pub, une nouvelle couverture de livre ou tout simplement la photo d’une actrice ou d’une chambre cosy est générée par IA.
Mais tous les jours, je remercie aussi ces personnes que je suis sur les réseaux sociaux de relever ces atrocités et de nous aider à les repérer.
Parce qu’on est plus fort ensemble, j’avais envie de partager les bonnes pratiques récoltées ces derniers mois.
Des images générées par IA, partout, tout le temps
Des exemples à la pelle
Je pourrais vous citer tout un tas d’exemples récents sur l’utilisation de l’IA générative par des maisons d’édition ou des magazines ces derniers mois :
- La couverture de Flow Magazine
- La couverture du magazine Les Others
- La couverture du livre Parcourir World of Warcraft, chez Third Editions
- La couverture de Saint Luigi: comment répondre à la violence du capitalisme ?, chez Les Liens qui libèrent
Ces cas ont été plus particulièrement mis en avant sur les réseaux sociaux (en tout cas, au sein des communautés que je suis), car des internautes ont proposé gratuitement de détailler pourquoi ces visuels contenaient de l’IA générative, malgré l’insistance de certains auteurs / rédactions à nier l’évidence.
Parfois, eux-mêmes n’avaient pas été informés par ces gens qui se considèrent artistes parce qu’ils écrivent un prompt sur Midjourney. Exemple avec Third Editions, qui a communiqué pour s’excuser.
Mais sans l’instance de ces internautes, certains en profitent pour mentir et manquer de transparence quant à l’utilisation de cette technologie qui, on le rappelle, sera toujours basée sur le vol d’œuvres créées par de véritables artistes.
Les collectivités ne sont pas en reste
Deux cas ont retenus mon attention, un peu plus que les autres.
Celui de la Ville de Montpellier
Parce que c’est une ville où j’ai grandi. La mairie n’avaient qu’à piocher parmi le vivier d’artistes installé dans la plus grande ville de l’Hérault.
Des artistes locaux se sont faits entendre au travers d’une tribune publiée sur le site du journal Midi Libre.
Celui de la Ville de Lille
Parce que j’ai travaillé à la mairie de Lille. Que je connais le travail des graphistes présents au sein du service communication. Ils sont nombreux et c’est inimaginable pour moi de ne pas exploiter tout leur talent pour des campagnes aussi médiatiques.
Là aussi, un collectif d’artistes et de citoyens et citoyennes s’est mobilisé au sein d’une tribune publiée chez Médiacités.
Deux villes de gauche qui, à mon sens, trahissent leurs valeurs en utilisant cette technologie.
Quels signes pour repérer des images générées par l’intelligence artificielle ?
Je ne suis pas graphiste et je me nourris des connaissances de ceux qui ont l’œil pour aiguiser le mien. L’idée, c’est de mettre à jour cette liste au fil de mes recherches.
Des outils pas tout à fait fiables
Des sites existent pour passer à la moulinette des visuels mais attention :
- Ils servent à alimenter les algorithmes des modèles.
- Ils produisent des faux positifs à l’IA. Par contre, ils détectent très bien un visuel réalisé par un être humain.
Les signes qui reviennent régulièrement
Un artiste humain commettra des erreurs, parfois volontaires, sur son illustration. Une IA en commettra également, mais pas tout à fait les mêmes car la machine n’a aucune expérience du monde réel.
- L’artiste a changé son style avec l’arrivée de l’IA : pensez à vérifier ses illustrations avant la mise à disposition de ces outils
- Des ombres illogiques
- Le diable se cache dans les détails : observez précisément les petits motifs, les parties du corps (doigts, orteils)
- Des objets qui ne fonctionnent pas : pas branchés, disproportionnés…
- Un effet « Uncanny valley » ou « vallée de l’étrange : cette sensation gênante que l’on ressent lorsque la ressemblance à un être humain est étrange mais provoque un certain malaise
- Un effet « glossy » sur l’image
Des exemples concrets
- L’illustratrice Marie Boiseau propose dans ses stories à la Une sur Instagram, l’analyse de plusieurs images.
- Le photographe Alexandre Parrot analyse en vidéo la couverture du livre Saint Luigi: comment répondre à la violence du capitalisme ?
- L’illustratrice Margaux Saltel met en avant dans ses stories les visuels qu’elle découvre générés par IA : parfait pour entrainer son oeil. A retrouver dans ses stories à la Une.
Des ressources pour s’informer
Merci à toutes ces personnes que je suis ravie de voir sur mes feeds, dans ma boîte mail ou sur internet en général pour informer sur l’IA générative :
Sur les réseaux sociaux
Newsletters
- Le Pavé Numérique, média sur les nouvelles technologies
Sites
- Pigeon Gratuit : auto-défense contre l’IA générative
- Framamia
- Reporter’s Guide to Detecting AI-Generated Content (en anglais)
En savoir plus
Si vous souhaitez collaborer avec une rédactrice / social media manager qui croit encore qu’un web où de véritables êtres humains échangent et partagent leurs créations est possible, travaillons ensemble !
Source de l’image en Une, générée par IA : Pinterest (la nouvelle foire à l’IA)
Dernière mise à jour : 11/05/2026







